"Loreleï"...(Poème plume)

© Régis B.

 

 

Elle se refuse toujours à comprendre, à entendre, elle rit pour cacher sa terreur d’elle-même..
Elle a toujours marché sous les arches des nuits, et partout ou elle est passée elle a laissé l’empreinte de choses brisées.
Elle s’appelle «la fille aux yeux d’eau». Pour moi elle reste « aube ». Mon aube.

Et sa détresse, ses peines, ses peurs, ses incertitudes et ses doutes je les veux miens.
Je veux qu’elle se penche sur moi, le cœur ignorant, pour voir si je l’aime. Je veux qu’elle ait confiance, qu’elle oublie, que sous les nuages de ses paupières sa tête s’endorme dans mes mains.

Ou sommes-nous?
Ensembles? Inséparables? Vivants.
Vivant, vivante.
Et ma tête roule en ses rêves….

Je veux que nos yeux se renvoient la lumière. Et la lumière le silence. A ne plus se connaître. A survivre à l’absence.

Inconnue, elle est ma forme préférée. Celle qui m’enlève le souci d’être un homme.
Elle ne sait pas tendre des pièges, elle a les yeux sur sa beauté si simple. Si simple.

Et ce sont ses yeux qui l’enchaînent. Et c’est sur moi que je voudrais qu’elle s’appuie. Et c’est sur elle qu’elle jette le filet volant des caresses.

Alors aube, mon aube…Pour avoir figuré mes désirs, mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre, tes baisers dans la nuit vivante et le sillage, le fantôme de tes bras autour de moi comme une flamme en signe de conquête.
Pour cela déjà: Merci.
Mes rêves sont au monde clairs et perpétuels. Et comme tu n’es pas la, je rêve que je dors, je rêve que je rêve…

Avec tes yeux je change comme avec les lunes. Et je suis tour a tour et de plomb et de plume.
Une eau mystérieuse et noire qui t’enserre.
Ou bien dans tes cheveux ta légère victoire.

Les mots ne sont plus la. Je ne sais plus l’abécédaire des sentiments. Face à toi je suis un muet

Désespéré.

Le complice perpétuel de tes secondes révélées,

Celui qui te dévore et s’abandonne.





 

© Régis B.